jeudi, décembre 15, 2011

Interpréter les signes

Je reviens d'une semaine de repos avec mon amoureux à Barcelone. Pause mérité après un automne intense où j'ai retrouvé le goût du travail, avec passion. Après une année difficile l'an dernier, nous avons décidé de prendre une pause d'in-vitro. Cette semaine à Barcelone nous a donné l'occasion de penser un peu à notre projet d'avoir un enfant. Nous aimons bien cette période sans soucis, et je n'ai pas encore envie de reprendre les cycles d'in-vitro, si éprouvants. J'ai retrouvé une vie active et heureuse où je me consacre entièrement à mon travail et mes implications, sans brûler de l'énergie à vide sur des espoirs et des déceptions -et la douleur physique- causés par les aléats des tentatives de fécondation in-vitro. Savourer son bonheur quotidien à partager la vie avec l'homme que j'aime, à faire des projets stimulants et rêver à de nouveaux projets, tout cela me ressemble. Je n'ai aucune envie pour l'instant de forcer les choses pour avoir un enfant. Si cela arriverait naturellement, je prendrais le cadeau et j'adapterais ma vie. Mais si cela n'arrive pas, c'est comme ça, et c'est très bien ainsi.

Nous avons été au Monastère de Monserrat, dans les montagnes tout près de Barcelone. Bien que l'endroit fut touristique et trop achalandé, nous avons trouvé un endroit tranquille dans une petite chapelle où nous avons pu nous recueillir. J'avais besoin de me centrer, de faire le point en moi et autours, dans ma vie où la spiritualité prends moins de place qu'elle n'en a déjà eu. Assise dans cette chapelle silencieuse, j'ai demandé à avoir un signe de ce que je devais faire par rapport à mon projet d'enfant. Je suis comme ça, intuitive et ésotérique. J'assume.

Au retour de Monserrat, notre train a été stoppé à une gare d'un village espagnol pendant une heure car un homme dans le train s'est effondré. Il gisait sur le sol, victime d'un malaise. Il aurait eu un malaise cardiaque, et en tombant il s'est heurté la tête. Les secours devaient prendre le temps d'évaluer la situation avant de le déplacer. Tout s'est fait dans le calme, on a sorti l'homme du train sur une civière une heure plus tard, et nettoyé le sang dans le wagon tout près du nôtre. C'est une situation banale -pour nous du moins- qui ne nous retardait pas, car nous n'étions attendu nulle part. J'étais surtout émue car une femme pleurait. Et parce que je ne parle pas Catalan, je ne pouvais la réconforter comme j'aurais voulu le faire. Une jeune fille est venue lui parler pour la calmer. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de cet homme, mais il s'en est tiré sans grand mal.

Je n'aurais pas vraiment porté attention à cet événement si la situation ne s'était pas répétée de lendemain, variante du même scénario joué par un autre acteur. Nous étions en transit depuis Barcelone, dans l'avion à Londres qui nous ramenait à Montréal. Juste avant le décolage, un jeune homme s'est effondré à l'arrière de l'avion, victime d'un malaise cardiaque. L'avion n'a pu décoler avant une heure et demie, car les secours sont venus évaluer la situation. Je voyais ses pieds qui dépassaient sous le rideau à quelques sièges de moi, sans voir son visage. Exactement comme l'homme du train, où j'avais seulement pu voir ses pieds allongés sur le sol. En voyant cet homme pris d'un malaise, qui nous immobilisait encore une fois, m'empêchant d'aller de l'avant, je me suis soudainement souvenu que j'avais demandé un signe. Voilà qu'on m'en servait deux, pour qui veut croire en ces égarements ésotétiques. Le jeune homme s'est senti mieux, et ne voulait pas quitter l'avion, malgrés l'ordre des médecins qui refusaient qu'il reste à bord pour sa propre sécurité. On a dû faire venir la police pour l'expulser vers un hôpital.

Je suis restée dubitative devant ces événements. Comment dois-je les interpréter? Je joue à JoJo Savard: avoir un enfant serait un fardeau pour moi, cela m'apporterait des problèmes de santé et m'immobiliserait dans ma vie? Ou puis-je trouver une piste positive d'interprétation à ces lugubres avertissements?

mardi, novembre 15, 2011

Retrouver la joie

Une fois les tempêtes passées, la vie pour moi ne veut pas dire le calme. Le bonheur est résolument dans l'action, dans les vagues qu'on surfe avec délectation, dans les mouvements avec lesquels on danse, dans l'ondule de cette vie qui bouge, vibrante. Cette façon de vivre me ressemble davantage, et j'apprécie les moments de tranquilité et de contemplation à leur juste valeur. Je le savais, mais maintenant je l'ai vérifié, l'inertie me tue à petit feu. Mon sourire est franc, mon coeur bat, ma tête s'active. Je me suis retrouvée.

vendredi, octobre 28, 2011

Ébullitions

J'ai suis très émue de voir les manifestants hier qui occupent le parc devant La Tour de la Bourse de Montréal, rebatisé Place du peuple. Un sentiment de voir se concrétiser des années de frustration, de colère, de sentiment d'impuissance. Enfin sentir que toutes mes réflexions et ma philosophie était partagée par un plus grand nombre. Je souhaite voir grandir ce mouvement, prendre en maturité, en profondeur et en sagesse (c'est déjà la voie du mouvement). Je souhaite voir éclore de nouvelles façons de faire. Je souhaite voir naître plusieurs projets issu de ces réflexions. Dans la mouvance, plusieurs documentaires sortent avec un sens du timming presque parfait: République, de Hugo Latulippe, Surviving progress de Mathieu Roy, et Trou story de Desjardins et Monderie.

Si les choses s'étaient passées autrement, j'aurais aussi un projet en ligne à propos de consience écologique. Mais voilà, la vie amène des circonstances qui changent parfois le cours des choses. Mon projet est en dormance (mais pas moi, heureusement!), il sommeille et attends de murir pour voir le jour. Faire des projets créatifs, c'est long. Faut s'armer de patience, de courage et de détermination. Il faut y croire, en dépit de tout, il faut se préserver soi-même, et savoir attendre le bon moment. Je parle de quoi déjà? De mon projet ou de la révolution en marche?

Ceci dit, je me sens en ébullition en ce moment. Je vibre de joie de voir ces mouvements sociaux s'aligner. Je suis fascinée par la scéne politique nationale et internationale qui craque de partout. Mais
à petite échelle aussi, je prépare plusieurs projets, je suis sur plusieurs comités, engagée et impliquée. Vivante.




jeudi, octobre 13, 2011

Révolution à vos portes

Rassembler ses mots et ses idées, première arme de la révolution pacifique. Les donner aux autres, faire résonner la parole au-delà de nos murs. Prendre action, ne pas passer son tour. Tendre la main, faire autrement. Voter. Faire des projets. S'impliquer. Se reposer quand il faut. Travailler fort, au bon moment, sur les bons projets qui ont un sens pour nous. Freiner la productivité à tout prix pour ramener l'humain au coeur de nos préoccupations. Redonner. S'impliquer dans sa famille, dans son quartier, dans sa communauté, et ailleurs si on le peut. Ne pas se taire devant l'injustice. Dire. Prendre acte, puis agir. Se tenir. Croire. Partager. Ne pas fermer les yeux. Embrasser la solidarité. Être pour la coopération, la collaboration, la création et surtout la co-création. Tout faire pour être automomes et solidaires. Concrètement: ne pas gaspiller, moins consommer, éviter de jetter, choisir le vieil objet plutôt que le nouveau, garder ses choses longtemps, faire attention aux gens et aux choses, cesser l'inutile, freiner l'absurde course au côté sombre de la modernité. Respecter les vieux. Aimer les enfants. Assumer. Durer, perdurer, persister, encourager. Être généreux, envers les autres, envers soi-même. Faire face. Croire. Croire à tout prix que tout cela est possible, nécessaire, inévitable. Réinventer le monde. Respirer, encore plus profondément. Pardonner. Cesser de juger. Agir. Sentir le mouvement. Être lucide et critique. Assumer que l'argent n'achète pas tout. Redistribuer la richesse. Ne pas fermer les yeux devant l'injustice. Cesser d'abdiquer. Cesser le cynisme. Cesser la parole vaine. Embrasser la perspecive. Faire des phrases courtes, efficaces, rigoureuses, les planter là où elles trouvent écho. Se rassembler. Croire à la force du nombre. Se mobiliser pour se tenir. Garder espoir, l'ancrer dans son quotidien. Ne pas oublier l'histoire. Changer de chemin. Faire autrement. Prendre la musique au corps. Habiter son corps. Faire corps avec l'autre. Avancer. Ensemble.

jeudi, octobre 06, 2011

(Re)trouver sa voie

Sur le fil d'une année revivre le film. Pas à pas, les mots me manquent. Je cherche, je trouve, et pas tout le temps. J'ai longtemps cherché au mauvais endroit. Tout était là, et pas moi. En laissant de vaines quêtes m'alourdir, je me suis coulée moi-même. Enlisée dans la peur, le plus grand ennemi à nous-même. De mes cendres, je peux revenir au soleil. Un peu plus usée, mais plus sûre aussi. Des certitudes, la seule possible est qu'il n'y a pas de certitudes. Les silences achettés à prix d'or. Les leçons de l'échec. La haine en vrac. De la petite haine rouillée. Comme on dit: tiens il fait frais dans mon coeur, je vais mettre une petite haine.

Des insultes murmurées, si nocives car elles consument notre intérieur. Des insultes tournées vers soi, la pire des armes sournoise et douce. L'envie de ne plus rien. Le gris qui s'abat trop longtemps sur les paupières, puis le sommeil. Les circonstances de la vie où tout le sombre vous arrive par bourrées. Les petites attentes déçues, les grandes déceptions qui se répètent encore, le moral au plus bas, l'espoir en canne, les drames quotidiens qui virent au mauve, la colère de l'insolvable. Puis la vie nous rattrappe, et les phares s'éteignent. Le phare des aïeux maternels, en souffrance et en agonie depuis trop longtemps par manque d'amour, avec un désir de mort lascinant qui l'encombrait. Sa douce lumière qui ne clignote plus, qui a cessé à l'été. La mort comme une libération pour elle. Le deuil. L'attente. L'attente du temps qui passe et qui guérit. Le réveil enfin, avec la lourdeur de savoir qu'il faut vivre ses deuils, tout ses deuils. Puis chercher la source vitale, la seule issue possible: trouver sa joie. Elle est toujours au bout du chemin, à vous attendre. Elle se trouve là où on (re)trouve sa voie. Et sa voix. Voilà où j'en suis.

vendredi, juin 10, 2011

Désobéissance

« La désobéissance est un acte tellement difficile à réaliser que l'histoire n'a jamais cessé de mettre en avant les individus, célèbres ou inconnus, qui ont osés l'assumer. Ceux qui ont su se dresser contre les régimes totalitaires et les politiques ségrégationnistes sont autant de héros du monde moderne. La désobéissance est un acte individuel qui tire sa force de la capacité des hommes à oeuvrer en commun. La désobéissance ouvre la voie à la résistance collective. En ce sens, elle est un danger pour tout pouvoir qui abuse de son autorité. Voilà pourquoi la désobéissance, en ce qu'elle conteste des règles établies est considéré comme une infraction consciente et volontaire. À ce titre, tout contrevenant se confronte à une répression qui peut être violente et implacable. » Le jeu de la mort, documentaire de Christophe Nick

Ce documentaire a été diffusé l'an dernier à la télvision française. Il questionne le rôle de la télévision dans nos vies. J'hésitais à le regarder, l'associant à une émission sensationnaliste. Mais j'ai été fascinée et effrayée par ce que j'ai découvert. Mais pas surprise.


jeudi, juin 02, 2011

Planète à vendre



Le chef Raoni réagit à la décision du gouvernement brésilien de construire un important barrage qui détruira les terres de son peuple dans la fôret amazonienne, une catastrophe écologique dénoncée sur plusieurs tribunes

Nos sociétés capitalistes méritent une royale raclée qui effacera toutes ces sordides et absurdes décisions. J'ai honte, honte, honte de cette face sombre de l'humanité qui découle de notre surconsommation et du gaspillage qui prévaut partout dans les socitétés riches, modèle auquel aspirent les sociététs en voie de dévelopement. J'en viens à souhaiter la fin de notre ère qui me donne envie de vomir. Je ne vois rien qui semble arrêter cette course absurde vers une destruction totale des écosystèmes naturels et des peuples qui les habitent. Et l'aveuglement collectif, surtout celui des plus riches et des gouvernants, est très décourageant. Aurons-nous besoin d'une révolution ou d'une série de catastrophes majeures et simultanées pour comprendre la gravité de la situation? Les catastrophes isolées ne semblent provoquer aucune réflexion de fond auprès des dirigeants ou des corporations. Aucune action n'est prise. On se contente de réagir une fois que la blessure saigne abondamment.

Ici au Québec, le gouvernement mange dans la main des corporations et des entreprises de construction, et malgrés les hauts cris de la population et des partis d'opposition, aucune enquête publique n'est déclenchée. Honnêtement, j'ai peu d'espoir qu'une enquête changerait radicalement les choses. C'est le système et les valeurs qu'il transporte qui pose problème, pas les personnes ou même les partis. Même si certains individus ou partis semblent nous proposer des éléments de solution, ou vouloir aller dans la bonne direction, c'est très difficile de contrer la machine en marche de la sacro-sainte croissance et de la surconsommation. Sur la scène américaine, je continue de penser que Obama est plein de bonnes intentions, mais son propre gouvernement est composé d'élites qui font primer la loi des marchés sur le bien-être des citoyens.

Mais je suis aussi convaincue que notre pouvoir doit passer par le politique, nous devons nous réapproprier notre gouvernance, la transmutter et la rendre transparente. C'est une voie importante que nous devrons impérativement emprunter, car nous n'avons pas le choix. La vague orange au Québec est un gage important de cet élan de changement, et j'espère que l'impossibilité d'actiton du NPD à l'opposition face au majoritaires Conservateurs ne dégoutera pas complètement les Québécois de voter différemment aux prochaines élections Provinciales. Et par là, je ne veux pas dire le parti de François Legault, qui mange le même pain que Libéraux et Péquistes, mais bien Québec Solidaire.

Pour illustrer le pillage de nos ressources pratiqué par les corporations, et bien soutenu par nos élites bien pensantes, je vous invite à regarder cette animation. Elle a été réalisée il y a plusieurs années, mais elle est toujours d'actualité, et plus que jamais. Faut bien en rire.