J'entre dans la boucherie colorée, joyeuse avec ses airs de Noël et ses petits plats appétissants.
Je commande des délices pour non-végétariens. Du boudin blanc, un chèvre chauvignol, une lasagne maison, une tartelette chèvre et tomates, des oeufs frais. Je me promet un régal, avec les haricots verts que j'ai cueilli plus tôt chez la marchande de fruits et légumes.
On reconnait mon accent chantant. 'Vous êtes d'où avec un accent charmant comme ça?' De Montréal. Je lance à la blague, le sourire dans le yeux: ' Je suis venue visiter Paris dans la grisaille et le froid!'. La dame rigole. Mais il fait beaucoup plus froid chez vous, non? 'Non, car ici c'est plus cru. Chez nous c'est sec, donc le froid se supporte bien (je me raconte des histoires, quand il fait frette, il fait frette). En fait nos appartements sont très bien isolés.' Mais surtout, nos commercants gardent leur porte fermée, alors qu'ici c'est tout le contraire. Elle m'explique que les portes ouvertes, c'est plus accueillant...
Je suis dans un film. Elle passe la tête par la porte voisine et s'époumonne joyeusement à Marcel:
"Maaaaarceeeel, la petite dame vient de Montréal, et elle dit qu'il fait plus froid ici qu'au Canada."
Je retourne dans la rue où tombe une charmante neige...
mercredi, décembre 08, 2010
mardi, décembre 07, 2010
Chronique de Yannou in Paris
Je suis ici pour un séjour trop court pour cette ville que j'aime d'amour. Nous sommes logés dans un nid douillet, un merveilleux petit appartement loué à une gentille française. Une jeune femme qui a un talent natuel pour inventer un univers chaleureux. Paris n'a pas le luxe de l'espace, et les appartements sont très petits, mais rigoureusement pratiques. Et celui-çi nous offre le plaisir d'être charmant, avec ses grandes fenêtres qui lorgnent les toîts de Paris du haut de notre 5e étage (sans ascensseur, très bon pour faire passer les fromages et charcuteries françaises). Des murs rouges, des chandelles partout, des éclairages variés et colorés, une table basse, des coussins, une bibiothèque remplie de bons bouquins (je suis en train de lire un Modiano), et plusieurs disques qui pourraient être les miens: Barbara, Souchon, Brel, Diana Krall, Bach, Mozart, Bob Dylan, Brassens, des chants traditionnels arméniens, même Starmania! Contre toute attente, le chauffage est décent, et malgrés la grisaille et le froid cru qui persiste à Paris, notre nid reste bien chaud.
Cet après-midi, je sors faire des courses. Une pauvre jeune femme se fait renverser par un taxi qui tournait à gauche alors qu'elle traversait la rue. Devant moi. Heureusement, elle n'a pas une égratiniure, seulement eu peur. Le taxi est une Mercedès noire, conduite par un chauffeur beaucoup moins gentil que nos chauffeurs haitiens à Montréal. Je vais vers la femme, alors que les passants ignorent royalement la situation. 'Est-ce que ça va?' Elle me réponds que oui, mais je la vois tremblante, les larmes aux yeux. Le chauffeur a immobilisé sa voiture au milieu de la petite rue couverte d'une fine neige très glissante, il se tient bien droit derrière sa portière ouverte, comme le bouclier d'un combattant. 'Mon feu était vert, vous voyez bien', clame-t-il inutilement, d'un ton bien agressif. La femme réponds qu'elle aussi, elle a traversé avec le feu vert des piétons. Peut importe. Il conduit une grosse bagnole, et la petite dame à pied ne fait pas le poid. Mais il n'en a cure. Il veut avoir raison, et il ne se sent pas du tout mal à l'aise d'avoir renversé un piéton. C'est ce manque de sollicitude qui m'a mis en colère. "Monsieur, vous pourriez au moins vous excuser au près de la dame, elle a eu peur."
Négation de sa part, il ne demande même pas si elle va bien. J'insiste. "C'est un accident, Monsieur, ce n'est la faute de personne, mais exusez-vous, elle a eu très peur." La jeune femme me regarde, me remercie des yeux. 'C'est gentil, merci'. Elle veut rentrer chez elle se réfugier dans des bras amis, je le sens bien. Elle n'a aucune envie de se battre avec un chauffard malpoli, sans délicatesse aucune. J'aurais voulu lui demander comment il aurait réagit si c'est sa fille ou sa soeur qui s'était retrouvée les 4 fers en l'air presque sous les roues d'une bagnole. Mais il s'en prends à moi: 'Vous êtes hypocrite Madame'. N'importe quoi! 'Monsieur, tout ce que je vous demande c'est d'avoir bon coeur.' Rien à voir avec moi. Mais il patauge et répète sa faible défense devant le malaise. Il me fait pitié. C'est probablement le genre d'homme qui ment à sa mère et qui trompe sa femme. Aucune fierté, aucune gentillesse pour l'autre.
C'est désolant, mais je passe mon chemin. Les voitures donnent parfois une impression de puissance à des êtres complètement déconnectés du plancher des vaches. Le taxi-Mercedes est reparti avec son sigle 'Benz' bien tordu.
Cet après-midi, je sors faire des courses. Une pauvre jeune femme se fait renverser par un taxi qui tournait à gauche alors qu'elle traversait la rue. Devant moi. Heureusement, elle n'a pas une égratiniure, seulement eu peur. Le taxi est une Mercedès noire, conduite par un chauffeur beaucoup moins gentil que nos chauffeurs haitiens à Montréal. Je vais vers la femme, alors que les passants ignorent royalement la situation. 'Est-ce que ça va?' Elle me réponds que oui, mais je la vois tremblante, les larmes aux yeux. Le chauffeur a immobilisé sa voiture au milieu de la petite rue couverte d'une fine neige très glissante, il se tient bien droit derrière sa portière ouverte, comme le bouclier d'un combattant. 'Mon feu était vert, vous voyez bien', clame-t-il inutilement, d'un ton bien agressif. La femme réponds qu'elle aussi, elle a traversé avec le feu vert des piétons. Peut importe. Il conduit une grosse bagnole, et la petite dame à pied ne fait pas le poid. Mais il n'en a cure. Il veut avoir raison, et il ne se sent pas du tout mal à l'aise d'avoir renversé un piéton. C'est ce manque de sollicitude qui m'a mis en colère. "Monsieur, vous pourriez au moins vous excuser au près de la dame, elle a eu peur."
Négation de sa part, il ne demande même pas si elle va bien. J'insiste. "C'est un accident, Monsieur, ce n'est la faute de personne, mais exusez-vous, elle a eu très peur." La jeune femme me regarde, me remercie des yeux. 'C'est gentil, merci'. Elle veut rentrer chez elle se réfugier dans des bras amis, je le sens bien. Elle n'a aucune envie de se battre avec un chauffard malpoli, sans délicatesse aucune. J'aurais voulu lui demander comment il aurait réagit si c'est sa fille ou sa soeur qui s'était retrouvée les 4 fers en l'air presque sous les roues d'une bagnole. Mais il s'en prends à moi: 'Vous êtes hypocrite Madame'. N'importe quoi! 'Monsieur, tout ce que je vous demande c'est d'avoir bon coeur.' Rien à voir avec moi. Mais il patauge et répète sa faible défense devant le malaise. Il me fait pitié. C'est probablement le genre d'homme qui ment à sa mère et qui trompe sa femme. Aucune fierté, aucune gentillesse pour l'autre.
C'est désolant, mais je passe mon chemin. Les voitures donnent parfois une impression de puissance à des êtres complètement déconnectés du plancher des vaches. Le taxi-Mercedes est reparti avec son sigle 'Benz' bien tordu.
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